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Le Bien

La lecture, cette tendre amie

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Il y a plusieurs mois, je me suis retrouvée à un moment-clé, celui qui vous dit : « Ma chère amie, il va falloir penser à revoir certaines choses » !
Après dix années de frénésie et de déménagements dans tous les sens, j’ai forcément mis un peu de temps à comprendre ce qui m’arrivait. Un besoin incandescent de faire une pause et de réfléchir pour de vrai à la suite des choses. Une pause pour faire table rase, retrouver le plaisir et comprendre l’essentiel.
Mais croyez-moi dix années d’une routine assurément bien ancrée ne se bousculent pas aussi facilement. Un peu paumée face à une procrastination à outrance, face un puits sans fond, je me suis tournée vers « mes » fondamentaux. Sans certitude aucune quant à la méthode, ce sont des repères familiers que je recherchais et une méthode qui m’avait formée et avait finalement pas trop mal fonctionné. Comble de malchance, un semi-marathon achevé et un lumbago persistant m’empêchaient de me « noyer » dans le sport comme j’aurais eu tendance à le faire.

Je me donc tournée vers ma deuxième option, l’autre. Celle qui, finalement, me définissait aussi très bien : j’ai repris la lecture et j’ai alors commencé une longue période d’hibernation.
Préférant alors mes pages de livres à la cohue des soirées. C’est mon ambivalence. Je ne rentre dans aucune case, je suis de tout et « en même temps ».
Je me suis donc mise à lire frénétiquement, allant parfois même jusqu’à acheter 3 à 4 nouveaux livres par semaine dans le but d’engloutir des connaissances jusqu’à l’overdose.
A ce moment-là, j’ai retrouvé le plaisir compulsif que j’avais lorsque j’étais étudiante. Celui de fouiller, d’analyser, de surligner au fluo, de faire des fiches, et d’essayer de comprendre pour trouver le bon chemin, ou du moins « un » chemin. Je me suis aussi remise en question car ma formation de littéraire s’est alors révélée à moi comme une évidence que j’avais rendue muette. Je retrouvais ce goût tout particulier qu’à 22 ans j’avais finalement décidé de mettre de côté en m’orientant vers un autre chemin. Orpheline pour un temps, de mon corps et de ma raison, j’ai avalé, et parfois de manière compulsive, des connaissances de tout horizon. Et certaines lectures m’ont amenée vers des terrains bien inconnus.

D’un livre à un autre, j’ai englouti des dizaines d’ouvrages de psychologie positive qui m’ont portée vers des livres plus théoriques de psychanalyse pure, qui m’ont eux-mêmes dirigée vers des manuels plus scientifiques traitant de physique quantique. Il y eut aussi la lecture de ces incroyables thèses sur la pensée qui montrent que la pensée n’est pas une pensée en tant que telle tant que celle-ci n’est pas énumérée. J’ai continué avec des livres d’ésotérique et de philosophie et je suis retombée, par un heureux hasard, sur mon cher Prophète de Khalil Gibran que je n’avais pas ouvert depuis trop longtemps. J’ai aussi relu l’aventure incroyable d’Elizabeth Gilbert à travers l’Italie, l’Inde et Bali. Mange Prie Aime résonnait sacrément en moi.

A ce moment-là, délestée de ma lourde carapace de cartésienne, j’ai compris que tout était possible. Forte de toutes ces nouvelles idées, je me suis tournée vers mon plaisir premier, l’histoire et celle des ses grand Hommes. Je me suis plongée dans la biographie de Churchill pour cultiver son esprit et sa volonté de fer et dans l’autobiographie de Gandhi qui m’a donné envie d’approfondir mes recherches sur la culture orientale et sur le concept de non-violence.
Poussée par une évidence, j’ai alors moi-même « voyagé » en Inde pendant des semaines entières par le biais de romans plus ou moins contemporains, avec aussi des récits de voyages et des anthologies culturelles qui faisaient souvent référence à tout ce que j’avais pu lire auparavant. Parallèlement mon corps encore douloureux m’a obligée à me tourner vers la seule pratique qui pouvait me donner un semblant d’entraînement supportable, le yoga.

Et puis tout d’un coup tout a pris sens et la boucle était bouclée. Toutes les idées et lectures d’univers si différents, ingurgitées ces derniers mois, se reliaient les unes aux autres, aisément et comme par magie. J’avais rééquilibré la balance des connaissances de l’Univers et donc du Soi et mes valises étant un peu plus lourdes d’objets si précieux. Je pouvais maintenant décider de m’en aller aisément vers n’importe quel chemin. J’étais armée et soutenue. Ne restait plus qu’à choisir la destination.