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Initiatives joyeuses

Araku : le café bio au service de l’éthique

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L’histoire que je vais vous raconter est une initiative plus que joyeuse. Quand j’ai passé la porte de la boutique des cafés Araku, jamais je n’aurais imaginé tomber si bien. L’aventure Araku pourrait être à elle-seule la parfaite incarnation de ce que j’ai voulu partager le jour où j’ai ouvert ce blog.

J’avais une vaste idée de l’entreprise mais je n’imaginais pas à quel point cette aventure humaine représentait le Bien, le Bon et le Beau dans sa plus jolie interprétation. C’est la bienveillance et la folie de plusieurs hommes qui ont fait des cafés Araku, un modèle de réussite éthique basé sur l’humain.

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La belle histoire

Oscar Wilde disait que « les folies sont les seules choses que l’on ne regrette jamais ».

C’est d’emblée ce que l’on peut penser lorsqu’on imagine la vallée indienne d’Araku, peuplée d’aborigènes vivant de troc et qui, en 15 ans, sont devenus de fiers fermiers.
 Lorsque Manoj Kumar a posé le pied dans cette région à la fin des années 90, il a été marqué par la pauvreté extrême et l’autarcie de ce peuple extrêmement marginalisé. 
La fondation Naandi, qui signifie « nouveau départ » en sanskrit, a voulu relever ce défi humain pour que la mortalité des femmes et l’analphabétisation ne soient plus monnaie courante dans cette vallée enclavée.
Doucement, une vie plus adaptée aux conditions de l’époque a commencé à se mettre en place et de vrais liens de confiance se sont tissés entre la population et les gens de la fondation.

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C’est grâce à cette confiance instaurée que les Aborigènes ont partagé leur souvenirs d’anciens fermiers et leur volonté de retrouver leur indépendance. La vallée ayant souffert d’une déforestation massive pendant l’occupation anglaise, la culture traditionnelle du café avait disparu alors que l’éco-système et l’environnement paradisiaque en faisaient un emplacement de rêve pour ces exploitations.
Très vite, et grâce aux fonds de Liveli Hoods, les fermiers ont replanté plus de 3 millions d’arbres fruitiers et 3 millions de caféiers. Chaque fermier est devenu propriétaire de sa parcelle et les communautés se sont organisées en coopératives pour produire et vendre du café.

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L’expertise du café

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Manoj Kumar a rapidement compris que la région d’Araku était un diamant brut et qu’il fallait tout faire pour conserver cette richesse en l’exploitant. 
Il a alors fait appel à David Hogg, un néo-zélandais spécialiste en biodynamie et en agriculture écologique, qui, sur un coup de tête, avait décidé de s’installer en Inde 35 ans auparavant.

Un long travail de formation des fermiers a été entrepris pour leur apprendre cette méthode d’agriculture ésotérique. 
Les cultures se révélant de plus en plus exceptionnelles, il devenait évident que ce café bio ne devait plus être vendu uniquement sur les marchés mais que le monde entier devait avoir accès à cette offrande de la Terre. 
La fondation Naandi a alors décidé de faire appel à Hippolyte de Courty, historien épicurien reconverti en éditorialiste goûteur de café et fin connaisseur de vin, de whiskys et de chocolat. En 2008, il se donne pour mission d’importer les meilleurs cafés pour ses copains restaurateurs.

C’est aussi à ce moment qu’il se lance dans l’aventure Araku avec une flopée d’ingénieurs agronomes français qui prennent leurs quartiers en Inde. 
La vallée est trop riche pour ne rien en faire, le café mérite aussi ses lettres de noblesse comme tous les grands crus. Après de longues analyses des 350 km2 de terres, Hippolyte de Courty détermine 6 profils de cafés qui sont aujourd’hui connus sous les noms de : Signature, Sélection, Micro-Climat, Première Récolte, Haute Altitude et Grande Réserve. De grands crus premium comme un bon vin rond et soyeux, un chocolat noir et délicat et un whisky fruité et ambré.

Araku à Paris

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Fort de l’expertise et de la foi de plusieurs hommes, Manoj Kumar décide de faire d’Araku une vraie marque. Entrent en scène Marie et Singrid, deux becs sucrés-salés, qui décident de plancher sur ce projet extra-ordinaire pour lui donner vie à Paris. Ces fines gastronomes en recherche d’histoire avec du sens et d’humanité construisent de A à Z la marque Araku sans lui enlever une once de sa singularité. Singrid m’a dit qu’elles ont tout imaginé avec l’idée « d’un pied à Bombay et d’un pied à Paris« . 
Si vous avez la chance de visiter la boutique, qui a ouvert cette année rue de Bretagne, vous comprendrez alors que tout respire ce projet fantasque et incroyable. 
Amateur de café ou amoureux d’éthique, l’expérience d’un café Araku dans la boutique vaut le déplacement. On pourra même vous raconter cette aventure avec humilité et passion dans les yeux.

Aujourd’hui la vallée d’Araku est composée de plus de 10 000 fermiers avec 10 000 de plus dans les 3 prochaines années. Le refus de l’impossible et des valeurs nobles ont fait suivre le même chemin à plusieurs utopistes pour faire de cette histoire un vrai projet humain.
Naandi a ainsi mis au point « La méthode Araku », une approche intégrée pour agir conjointement sur l’agriculture, l’éducation et le lien social. Une méthode exportable aux 4 coins du monde.

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Et vu que Noël approche et qu’il y a la possibilité de faire 2 belles actions en 1, Araku propose 14 coffrets cadeaux pour apprendre ou ré-apprendre à déguster le café…A découvrir sur l’eshop ou en boutique !

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Le Bien

Les lectures de l’été pour mieux buller

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Vu le temps que nous avons sur Paris depuis mon retour de Barcelone début septembre, j’essaye tant bien que mal de prolonger l’été. Prolonger l’été autant dans le style que dans les activités. Vous savez, ces activités d’été qui font un bien immense une fois allongée à buller sur le sable. Concernant la mode, avec les 14 degrés ambiants, on repassera pour les gambettes à l’air.
En revanche, continuer le rythme effréné des lectures de l’été mais plus en mode « automne life » c’est un loisir beaucoup plus simple à entretenir. J’ai pas mal de lectures à vous détailler pour faire suite à l’article La lecture, cette tendre amie mais pour l’heure je voulais faire un petit point sur les livres qui m’ont accompagnée tout au long de ces dernières semaines. Parce-que, mine de rien, c’est quand on ne fait rien que l’on revient à des activités slow Life. Prendre le temps c’est quand même la base de l’art de vivre, vous ne trouvez pas ?

Loin de moi l’idée de me présenter en critique littéraire, chaque avis détaillé ci-dessous n’est que l’interprétation d’un ressenti au gré de pages souvent très personnelles.  Face au travail si riche d’un auteur qui a mis tant dans son oeuvre, je me garderais bien de juger le style.
 

La tresse – Laetitia Colombani

Ce premier livre m’avait été conseillé par une amie avec qui je pars bientôt en Inde. Forcément il y avait une certaine résonance derrière cette recommandation d’autant qu’elle est elle-même d’origine indienne et très sensible à la cause des femmes. Un samedi matin alors que j’aime bien flâner, notamment dans les librairies, je me suis retrouvée par hasard face à la couverture. cette couverture jaune qui m’a sauté aux yeux. Comme je crois fort aux signes, j’ai tendu le bras et je suis repartie avec.
Le livre se lit d’une traite et on a envie de comprendre comment la vie de ces trois femmes se mêle. C’est finalement assez tard dans le récit que l’on découvre le fil rouge.
Les trois histoires qui ont pour paysage trois continents différents m’ont chacune réveillé quelque chose pour diverses raisons.
Bien que j’ai trouvé l’écriture plutôt simpliste, je comprends aisément pourquoi ce livre est devenu un best-seller en si peu de temps, notamment pour une lecture d’été toute en légèreté. L’histoire est attachante mais je ne classerais pas ce livre dans ma catégorie « best » même si ce fut un bon moment.

 

L’interprète des maladies – Jhumpa Lahiri

Alors là on est tout de suite sur un autre registre. Déjà, je dois avouer qu’en matière de littérature contemporaine j’ai toujours été plus réceptive à la littérature étrangère. Sûrement une déformation dûe à ma formation classique. J’adule tellement les grands auteurs français que je trouve souvent fades nos contemporains. 
C’est donc en commençant à préparer notre voyage en Inde, que j’ai découvert par hasard cette auteure lauréate du Pulitzer en 2000 avec L’interprète des maladies. 
Le livre est composé de 10 nouvelles qui s’emploient particulièrement à décortiquer la psychologie de ces personnages souvent déracinés, perdus et en même temps fortement à l’équilibre entre leurs racines et le nouveau pays qui les a accueillis. Forts et faibles en même temps, l’auteure tourne autour de ces vies qui sont analysées avec empathie dans des récits courts et vibrants de vérité.
Riche en couleurs et majestueux dans l’analyse. Tout ce que j’aime !
 
 

Ta deuxième vie commence quand tu comprendras que tu n’en as qu’une – Raphaëlle Giordano

Cet opus de Raphaëlle Giordano est le livre curatif par excellence pour rêveurs chroniques en quête de bonheur. Ce petit livre hyper-facile fait partie de cette nouvelle catégorie de romans type « développement personnel » en mode romancé. Comme je suis friande de développement personnel, je ne vais pas lancer la pierre à ce genre qui essaye d’intéresser le plus grand nombre.
Le sujet classique d’une quadragénaire qui remet toute sa vie en question et qui veut ficher un grand coup de pied à sa routine menaçante permet de vulgariser le mal de notre siècle : la déprime. 
Ce petit livre contre la routine peut s’avérer être un très bon premier compagnon de chemin pour ceux qui s’intéressent au genre. Pour ma part je m’intéresse à des livres un peu plus aboutis quand cela traite de ce sujet. Je vous avais d’ailleurs fait une première liste dans le post Lecture et psychologie positive.

 
 

Tir aux pigeons – Nancy Mitford

Comme je vous le disais la littérature anglaise est un genre à part entière que je dévore et quand le cadre mèle l’Histoire avec un grand H à cela, je suis ravie !
L’histoire se passe au début de la Seconde Guerre mondiale quand l’héroïne s’ennuie ferme dans le carcan de l’Aristocratie anglaise et rêve d’espions et d’histoires sous le manteau pour se distraire. Le roman est plus une satire de cette « caste » qu’un vrai roman historique mais on se délecte. Bref beaucoup de finesse…à l’anglaise.
 
 

Les femmes de Brewster Place – Gloria Naylor

C’est en lisant une interview d’Oprah Winfrey, qui a produit l’adaptation cinématographique de cette perle, que j’ai eu envie de partir acheter illico ce roman qui dépeint la banlieue afro-américaine des années 70. Au milieu d’immeubles délabrés on fait la connaissance de plusieurs personnages féminins que l’on suit dans leur quotidien pauvre et militant. Les portraits se mêlent et se démêlent dans une écriture délicate avec un style vraiment personnel. 
Si vous vous intéressez à cette période, sachez que ce roman a connu un succès foudroyant lors de sa sortie aux US dans les années 80 et qu’il est revendiqué haut et fort par toute une génération.

 

Voilà pour les lectures de l’été ! Une belle surprise et de jolis divertissement, le cru était finalement pas mal. Et vous ? Vous avez lu quoi et vous lisez quoi en ce moment ?

Le Bien

La lecture, cette tendre amie

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Il y a plusieurs mois, je me suis retrouvée à un moment-clé, celui qui vous dit : « Ma chère amie, il va falloir penser à revoir certaines choses » !
Après dix années de frénésie et de déménagements dans tous les sens, j’ai forcément mis un peu de temps à comprendre ce qui m’arrivait. Un besoin incandescent de faire une pause et de réfléchir pour de vrai à la suite des choses. Une pause pour faire table rase, retrouver le plaisir et comprendre l’essentiel.
Mais croyez-moi dix années d’une routine assurément bien ancrée ne se bousculent pas aussi facilement. Un peu paumée face à une procrastination à outrance, face un puits sans fond, je me suis tournée vers « mes » fondamentaux. Sans certitude aucune quant à la méthode, ce sont des repères familiers que je recherchais et une méthode qui m’avait formée et avait finalement pas trop mal fonctionné. Comble de malchance, un semi-marathon achevé et un lumbago persistant m’empêchaient de me « noyer » dans le sport comme j’aurais eu tendance à le faire.

Je me donc tournée vers ma deuxième option, l’autre. Celle qui, finalement, me définissait aussi très bien : j’ai repris la lecture et j’ai alors commencé une longue période d’hibernation.
Préférant alors mes pages de livres à la cohue des soirées. C’est mon ambivalence. Je ne rentre dans aucune case, je suis de tout et « en même temps ».
Je me suis donc mise à lire frénétiquement, allant parfois même jusqu’à acheter 3 à 4 nouveaux livres par semaine dans le but d’engloutir des connaissances jusqu’à l’overdose.
A ce moment-là, j’ai retrouvé le plaisir compulsif que j’avais lorsque j’étais étudiante. Celui de fouiller, d’analyser, de surligner au fluo, de faire des fiches, et d’essayer de comprendre pour trouver le bon chemin, ou du moins « un » chemin. Je me suis aussi remise en question car ma formation de littéraire s’est alors révélée à moi comme une évidence que j’avais rendue muette. Je retrouvais ce goût tout particulier qu’à 22 ans j’avais finalement décidé de mettre de côté en m’orientant vers un autre chemin. Orpheline pour un temps, de mon corps et de ma raison, j’ai avalé, et parfois de manière compulsive, des connaissances de tout horizon. Et certaines lectures m’ont amenée vers des terrains bien inconnus.

D’un livre à un autre, j’ai englouti des dizaines d’ouvrages de psychologie positive qui m’ont portée vers des livres plus théoriques de psychanalyse pure, qui m’ont eux-mêmes dirigée vers des manuels plus scientifiques traitant de physique quantique. Il y eut aussi la lecture de ces incroyables thèses sur la pensée qui montrent que la pensée n’est pas une pensée en tant que telle tant que celle-ci n’est pas énumérée. J’ai continué avec des livres d’ésotérique et de philosophie et je suis retombée, par un heureux hasard, sur mon cher Prophète de Khalil Gibran que je n’avais pas ouvert depuis trop longtemps. J’ai aussi relu l’aventure incroyable d’Elizabeth Gilbert à travers l’Italie, l’Inde et Bali. Mange Prie Aime résonnait sacrément en moi.

A ce moment-là, délestée de ma lourde carapace de cartésienne, j’ai compris que tout était possible. Forte de toutes ces nouvelles idées, je me suis tournée vers mon plaisir premier, l’histoire et celle des ses grand Hommes. Je me suis plongée dans la biographie de Churchill pour cultiver son esprit et sa volonté de fer et dans l’autobiographie de Gandhi qui m’a donné envie d’approfondir mes recherches sur la culture orientale et sur le concept de non-violence.
Poussée par une évidence, j’ai alors moi-même « voyagé » en Inde pendant des semaines entières par le biais de romans plus ou moins contemporains, avec aussi des récits de voyages et des anthologies culturelles qui faisaient souvent référence à tout ce que j’avais pu lire auparavant. Parallèlement mon corps encore douloureux m’a obligée à me tourner vers la seule pratique qui pouvait me donner un semblant d’entraînement supportable, le yoga.

Et puis tout d’un coup tout a pris sens et la boucle était bouclée. Toutes les idées et lectures d’univers si différents, ingurgitées ces derniers mois, se reliaient les unes aux autres, aisément et comme par magie. J’avais rééquilibré la balance des connaissances de l’Univers et donc du Soi et mes valises étant un peu plus lourdes d’objets si précieux. Je pouvais maintenant décider de m’en aller aisément vers n’importe quel chemin. J’étais armée et soutenue. Ne restait plus qu’à choisir la destination.