elizabeth gilbert

Le Bien

La lecture, cette tendre amie

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Il y a plusieurs mois, je me suis retrouvée à un moment-clé, celui qui vous dit : « Ma chère amie, il va falloir penser à revoir certaines choses » !
Après dix années de frénésie et de déménagements dans tous les sens, j’ai forcément mis un peu de temps à comprendre ce qui m’arrivait. Un besoin incandescent de faire une pause et de réfléchir pour de vrai à la suite des choses. Une pause pour faire table rase, retrouver le plaisir et comprendre l’essentiel.
Mais croyez-moi dix années d’une routine assurément bien ancrée ne se bousculent pas aussi facilement. Un peu paumée face à une procrastination à outrance, face un puits sans fond, je me suis tournée vers « mes » fondamentaux. Sans certitude aucune quant à la méthode, ce sont des repères familiers que je recherchais et une méthode qui m’avait formée et avait finalement pas trop mal fonctionné. Comble de malchance, un semi-marathon achevé et un lumbago persistant m’empêchaient de me « noyer » dans le sport comme j’aurais eu tendance à le faire.

Je me donc tournée vers ma deuxième option, l’autre. Celle qui, finalement, me définissait aussi très bien : j’ai repris la lecture et j’ai alors commencé une longue période d’hibernation.
Préférant alors mes pages de livres à la cohue des soirées. C’est mon ambivalence. Je ne rentre dans aucune case, je suis de tout et « en même temps ».
Je me suis donc mise à lire frénétiquement, allant parfois même jusqu’à acheter 3 à 4 nouveaux livres par semaine dans le but d’engloutir des connaissances jusqu’à l’overdose.
A ce moment-là, j’ai retrouvé le plaisir compulsif que j’avais lorsque j’étais étudiante. Celui de fouiller, d’analyser, de surligner au fluo, de faire des fiches, et d’essayer de comprendre pour trouver le bon chemin, ou du moins « un » chemin. Je me suis aussi remise en question car ma formation de littéraire s’est alors révélée à moi comme une évidence que j’avais rendue muette. Je retrouvais ce goût tout particulier qu’à 22 ans j’avais finalement décidé de mettre de côté en m’orientant vers un autre chemin. Orpheline pour un temps, de mon corps et de ma raison, j’ai avalé, et parfois de manière compulsive, des connaissances de tout horizon. Et certaines lectures m’ont amenée vers des terrains bien inconnus.

D’un livre à un autre, j’ai englouti des dizaines d’ouvrages de psychologie positive qui m’ont portée vers des livres plus théoriques de psychanalyse pure, qui m’ont eux-mêmes dirigée vers des manuels plus scientifiques traitant de physique quantique. Il y eut aussi la lecture de ces incroyables thèses sur la pensée qui montrent que la pensée n’est pas une pensée en tant que telle tant que celle-ci n’est pas énumérée. J’ai continué avec des livres d’ésotérique et de philosophie et je suis retombée, par un heureux hasard, sur mon cher Prophète de Khalil Gibran que je n’avais pas ouvert depuis trop longtemps. J’ai aussi relu l’aventure incroyable d’Elizabeth Gilbert à travers l’Italie, l’Inde et Bali. Mange Prie Aime résonnait sacrément en moi.

A ce moment-là, délestée de ma lourde carapace de cartésienne, j’ai compris que tout était possible. Forte de toutes ces nouvelles idées, je me suis tournée vers mon plaisir premier, l’histoire et celle des ses grand Hommes. Je me suis plongée dans la biographie de Churchill pour cultiver son esprit et sa volonté de fer et dans l’autobiographie de Gandhi qui m’a donné envie d’approfondir mes recherches sur la culture orientale et sur le concept de non-violence.
Poussée par une évidence, j’ai alors moi-même « voyagé » en Inde pendant des semaines entières par le biais de romans plus ou moins contemporains, avec aussi des récits de voyages et des anthologies culturelles qui faisaient souvent référence à tout ce que j’avais pu lire auparavant. Parallèlement mon corps encore douloureux m’a obligée à me tourner vers la seule pratique qui pouvait me donner un semblant d’entraînement supportable, le yoga.

Et puis tout d’un coup tout a pris sens et la boucle était bouclée. Toutes les idées et lectures d’univers si différents, ingurgitées ces derniers mois, se reliaient les unes aux autres, aisément et comme par magie. J’avais rééquilibré la balance des connaissances de l’Univers et donc du Soi et mes valises étant un peu plus lourdes d’objets si précieux. Je pouvais maintenant décider de m’en aller aisément vers n’importe quel chemin. J’étais armée et soutenue. Ne restait plus qu’à choisir la destination.

 

Le Bien

Dalida, le bonheur et les poètes maudits

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Hello, 

Alors ça a un peu changé par ici, vous ne trouvez pas ?
Vous comprenez mieux maintenant pourquoi je n’ai pas publié depuis mi-mars. Je voulais que la vraie version de ce blog, la « pro » soit parfaite pour votre retour. Même si, même si bien évidemment il reste encore pas mal de choses à mettre en place. 

Toujours est-il qu’il y a plusieurs semaines je suis allée voir le film sur la vie de Dalida.
J’étais d’ailleurs tout aussi impatiente de me rendre à l’exposition qui lui est consacrée, depuis la semaine dernière, au Palais Galliera et pour laquelle j’ai sacrifié une grasse matinée de weekend.
A ces premières lignes de lecture, vous devez déjà m’imaginer en  fan inconditionnelle de la chanteuse alors qu’à vrai dire c’est toujours plus le personnage qui m’a intéressée et aussi quelques-uns de ces tubes magistraux et générationnels, soyons honnête.

Lors de la projection, nous nous sommes retrouvés dans une salle quasiment pleine à un horaire normalement plus adéquat pour les afterworks en terrasse.
Qu’on se le dise, le film m’a touchée. J’ai redécouvert les paroles de ses chansons qui résonnent si bien avec les nombreux aléas malheureux de sa vie. Les tubes incontestés de cette époque me sont apparus alors comme quelque chose de plus fort qu’une simple rythmique disco.

La vie de Dalida, je la connaissais dans ses grandes lignes, bien consciente que le malheur ambiant était une constante sacrément envahissante. Comme si son destin, ou oserais-je dire son karma, n’avait pas d’autre possibilité que de se suivre ce chemin de souffrance.

Force est de constater que je suis tout de même ressortie de la séance un peu plombée. Je me souviens encore de ce sentiment où le film vous habite, malgré vous, pendant un certain laps de temps avec une bande son qui tourne dans votre tête mais qui n’apporte plus une seule once de douceur.

Bref il m’a donc fallu un peu de temps pour me détacher de Iolanda Gigliotti bien que, comme vous pouvez le voir, je me sois octroyée une petite séance photos un samedi matin dans le quartier. Entre-temps j’ai aussi ré-écouté quelques chansons que je trouve maintenant teintées d’une tristesse infinie et je suis restée longtemps dubitative sur cette fascination que l’art, le cinéma et la Culture en général ont toujours eu pour les âmes désespérées.

Tant de destins tragiques et tristes à en mourir sont devenus iconiques. Pour beaucoup ils sont encore admirés jusque dans leur déchéance. Sociologiquement parlant c’est assez fascinant d’observer ce culte du sombre, du malheur, du mal-être et du funeste. Est-ce de l’empathie ou bien le ressenti parfois familier de ce genre de sentiments qui fait que de nombreuses personnes puissent admirer, parfois même s’identifier, à ces icônes qui transpiraient la tristesse ?

Je me souviens qu’à l’époque, durant mes années d’études littéraires, nous analysions en détails la face sombre et revendiquée du Romantisme. Nous avions des conversations passionnées et nous pouvions rester des heures à débattre du malheur de notre héros avec lequel nous passions des semaines et des semaines à étudier le moindre de ses sentiments. On baignait tellement là-dedans qu’on avait même sacrément peur qu’ils déteignent sur nous (Judith, si tu me lis…).
Le concept du poète maudit a toujours fasciné et fascine encore. Comme si le meilleur de la créativité ne pouvait ressortir que dans les heures les plus sombres. On est loin du bien-être vous en conviendrez.

Et pourtant, dernièrement, je me suis surprise à lire le dernier livre d’Elizabeth Gilbert, Comme par magie. Par hasard je suis retournée à cette auteure et comme, en fait, il n’y a pas vraiment de hasard dans la vie, son dernier livre est tombé plus qu’à point car il officié comme un vrai contre-poids face à ce constat qui m’obsédait.
Enfin quelqu’un dont la voix porte loin ose descendre en flèche cette idée du malheur salvateur et que la création la plus productive n’émane pas forcément de la désolation et du nombre de larmes qui ont coulé.  

Parce-que les bons sentiments, non, ce n’est pas « cucul ».
Parce-qu’il serait peut-être temps que l’on valorise la bienveillance et que l’on « vulgarise » le bonheur plutôt que les méandres de la perte de soi.

Personnellement je fais la chasse à ceux qui jettent la pierre avec sarcasme aux optimistes qui tentent d’inverser d’inverser la tendance et de porter aux nues la notion de la joie. Choisissons le bonheur au catastrophisme parce-que c’est la pensée qui fait l’action alors autant la choisir belle et positive. A bon entendeur pour ces prochains jours…

Je vous laisse là-dessus avec quelques photos de la beauté de Montmartre, cher à Dalida et dont je ne me lasse pas. Et en bonus quelques robes présentes à l’expo….Ahhhhh la mode, la mode, la mode…

xx

 

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