Le Bien

Detox dressing : c’est possible !

dressing-pulls

Salut tout le monde,

Après mon post « coup de gueule/coup de poing » contre l’industrie impériale du textile, petit à petit la prise de conscience a continué à germer en moi et le nettoyage de printemps s’est fait de plus en plus pressant. Vive la Detox dressing !
Depuis la vision du documentaire The True Cost, je n’ai plus mis un pied chez Zara, Mango and Co. En travaillant dans le secteur, c’est pas l’envie qui me manque d’aller lorgner sur les dernières collections et les pièces mode des très bons stylistes Zara parce-que question design, soyons honnêtes, ils sont forts !.

Sauf que.

Sauf qu’aujourd’hui je me retrouve face à plusieurs idées qui poussent sacrément fort dans ma tête :

1/- Je ressens comme une overdose, une indigestion de cette notion de « toujours plus »

2/- La globalisation du style m’est de plus en plus insupportable (merci Kate Moss !).
Je revendique haut et fort la différenciation et l’unique. Quand vous êtes moitié italienne et que vos inspirations mode oscillent entre Viviana Volpicella  que j’adore et la marque sud-américaine Rapsodia dont je suis littéralement fan…vous comprendrez aisément que j’ai beaucoup de mal avec l’idée de l’uniformisation qui nous polit tous ensemble. Je pourrais vous faire une thèse de plusieurs pages là-dessus. Ce n’est que mon humble avis sauf que, par pitié, soyons OUT OF THE BOX ! Damned !

3/ – Au vue de la politique de prix pratiqués j’en ai marre d’être prise pour un GROS jambon bien gras !

4/ – Enfin, et ce n’est pas rien puisque ce fut l’élément déclencheur de toute cette cristallisation, les valeurs de morale qui me sont de plus en plus chères ne correspondent en RIEN avec ces mastodontes du tissu.

Tous les jours et ce, dès que j’ouvre un oeil, je me retrouve face à des kilos de fringues puisqu’en bonne modeuse que je suis j’ai voulu que ma chambre ressemble à une boutique avec un dressing qui prendrait un mur entier et que tout le monde pourrait voir, voisins compris. Bref des kilos de tissus qui, pour certains, hormis apporter de la couleur à ma chambre verte, ne me servent plus.

Comme j’ai toujours bien aimé l’idée de printemps qui annonce un re-nouveau, une sorte de reset où tout est à nouveau possible, et le concept du « nettoyage de printemps » n’a jamais aussi bien porté son nom ! Abreuvée d’étiquettes « Made in Pakistan » ou « Made in Bangladesh, quand je prenais un Tee-shirt de ces productions, je vous avoue que j’avais du mal à ne pas penser aux larmes des femmes qui avaient cousu cette manche ou ce col. Hashtag #whomademyclothes

Cette tendance detox prend de plus en plus de place sur le web et c’est tant mieux.
J’ai d’ailleurs lu quelques posts intéressants à ce propos, comme celui de Gala qui semble avoir occupé son dimanche de la même façon que moi, ou bien Louise qui, d’ailleurs, collabore en ce moment avec la marque éco-responsable People Tree pour montrer que moins c’est mieux. Il y a aussi le concept de « collection capsule » où on établit une liste bien « serrée » de ce dont on a besoin (10 pièces pour Remodelista ici….) et on s’y tient.

dressing-audrey-mills

 

 

 

le-concept-logo

 

Je suis tout à fait consciente que le minimalisme peut-être une solution à beaucoup de choses mais ce n’est pas pour moi. J’ai l’intention de m’alléger mais pas d’être à poil !
Trêve de plaisanterie…je ne cherche pas le moins mais le mieux, le beaucoup mieux. Et j’aime trop le travail de la matière pour ne m’émerveiller que devant 1 tee-shirt blanc et 1 jean brut. Pourtant j’aimerais bien, ça me couterait clairement moins cher !
Ma démarche n’est donc pas de dire AU REVOIR à la MODE mais de consommer mieux. Le cadre étant posé, il fallait donc adopter une méthode.

 

 

Après quelques minutes d’absence, perdue face à mes boxs « ETE » et la dizaine de paniers « accessoires » qui complétaient ma penderie HIVER, je me suis décidée à procéder par piles. Pas le choix, ça allait me prendre une bonne après-midi alors que le soleil parisien, une fois n’est pas coutume, battait la mesure dehors.
Peu importe, il fallait que je m’allège au sens propre comme au sens figuré. Et sans culpabiliser ! L’idée n’étant pas de jeter l’argent par les fenêtres non plus…
Dans ce cas voilà comment j’ai décomposé la chose :

  • PILE A / Don Amis/Famille
  • PILE B /  Abimé = Poubelle
  • PILE C / Fast-fashion et mainstream en bon, voire très bon état. = A étudier attentivement et à DONNER.

Voilà j’étais au cœur du problème et j’allais devoir m’employer à regarder les étiquettes une par une. J’ai ainsi pris la décision de mettre tout ce qui était fait en Asie dans cette pile, à quelques exceptions près de 2 ou 3 coups de cœur pour des blouses faites en Inde.

Je suis en effet, une TRES grande fan de pièces travaillées, brodées, à sequins…et ces pièces Zara (très peu de la production du géant espagnol car assez chères) sont toutes produites en Inde pour le savoir-faire méticuleux.

La question s’est également posée pour les productions en Turquie, le nouvel empire des usines textile. La proximité géographique d’un pays non soumis à la réglementation sociale européenne, le rythme de la fast-fashion est ainsi très largement suivi à moindre coût avec des frais de transport qui sont massivement réduits.

Le reste de la production Zara est ensuite fait en Europe (Portugal, Roumanie…) et au Maghreb. => Pour ces deux derniers cas de figure, j’ai décidé de ne garder que les pièces en très bon état, car déjà achetées, et de continuer l’investigation concernant ces productions-là.

blouses_chemises

  • PILE D /  Les marques « douteuses »

J’entends par là celles qui communiquent avec opacité sur leur lieu de fabrication.
Dans mon dressing, je nommerais Paul and Joe Sister (« Conception française » = ne veut rien dire), Majestic Filatures (Made in Europa = ne veut rien dire).
Je me suis d’ailleurs décidée à envoyer une petite lettre à leur service client pour avoir plus de transparence sur leurs étiquettes. Si vous en avez l’utilité, n’hésitez pas à me la demander je vous l’enverrai…

jupes_mode

 

 

 

chambre
Comme je le disais plus haut j’ai fait l’impasse sur certaines pièces Zara plus classiques faites en Europe en leur donnant une dernière chance sur la prochaine saison.
Je dis dernière car si elles ne sont pas sorties plus de 2 fois sur les 6 prochains mois, elles subiront le même sort que leurs copines ci-dessous.

 

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Au total, je dis donc CIAO à :
– 11 pantalons Zara, Pimkie, Mango et compagnie
– 3 jupes et 1 short
– 9 chemises et blouses
– 5 pulls
– 4 robes
– 5 vestes et gilets
Et je donne une dizaine de pièces de marque à mes proches.
TOTAL = environ une cinquantaine de pièces

 

 

 

Primo il va falloir s’occuper de cette cinquantaine de pièces qui jonchent encore le sol de mon entrée. Pour ne pas gaspiller bêtement, plusieurs options disponibles :

– le DON : Oxfam, le Secours Populaire, Emmaüs, pour les parisiens La boutique sans argent à Daumesnil ou encore Vitali dont je vous avais présenté l’initiative joyeuse ici, les collectes de vêtement organisées ou encore les contenaires placés ici et là dans les quartiers sont autant de possibilities qui feront des heureux.

Je tiens à mettre un petit bémol sur ce « business » système au vue des différents reportages pas souvent positifs qui abreuvent les médias à ce sujet…. Je vous laisse creuser vous-même avec le post très clair et concis de Mr Mondialisation qui souligne l’ironie du cycle du vêtement : Oui, oui les indiennes « s’éclatent » à recycler nos vêtement encore puants de chlore et de métaux lourds qui nous avaient été envoyés quelques mois plus tôt de ces mêmes régions. A lire ici.
Mais qu’il est difficile d’être responsible et de faire les bons choix car oui, il y a des abus absolument partout donc la solution encore une fois je crois que c’est de privilégier les circuits courts.

– la REVENTE : Vinted, Vestiaire collective, Vide dressing, les vide-dressings organisés sur les réseaux sociaux..

– le RECYCLAGE : La fibre du tri, Eco textile, Bonobo Jeans qui a également mis en place ce genre de solutions dans ses magasins…

Secundo  et c’est là que ça devient intéressant…
Le changement passe inévitablement par une meilleure consommation et donc par une meilleure connaissance de l’offre propose.
Autant vous dire que je me réjouis de cette nouvelle quête qui va, j’en suis persuadée, m’ouvrir de nouvelles portes stylistiques et surtout me confirmer que plein de gens autour de nous font des choses TRES TRES bien dans l’ombre et parfois dans la lumière. Pinterest et Instagram (mon réseau social préféré) sont des mines d’or en termes d’informations pour les trouver !
Je vous prépare par ailleurs un post (et plus encore…) sur les marques éco-responsables à ne pas manquer car on a tous le choix et le maître-mot devient la slow-fashion !
La mutation est en cours. Petit à petit l’oiseau….

Sur ces bonnes paroles, un bon weekend à tous !
xxx

PS : vous noterez que je n’ai pas encore traité mon shoesing car là ce n’est pas d’un post dont j’ai besoin mais d’une thérapie…….:-)

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Audrey
written by: Audrey

8 Comments

  • Ah ben…. J’aimerais m’y mettre pour ma garde-robes printemps-été… Un petit nettoyage de printemps… Il faut juste que je trouve le courage… J’aurais aimé savoir combien de pièces tu avais gardées 🙂

    • Bon même si on enlève pas tout peu importe le nombre de pièces ça fait un bien fou ! on se sent moins oppressé….pour ma part comme je le disais je pars de tellement loin qu’il me reste encore des dizaines et des dizaines et des dizaines de vêtements. Mais que je mets ! Mon bit était le mieux et pas forcément le moins à outrance 😉

  • Je sais pas si tu connais Victoirexvictoire (teste le hashtag sur insta, je connais pas son site). Elle fabrique des supers fringues à Paris. Pulls, robes, blouses… j’adore!!
    Merci pour ce bel article, qui donne envie de faire pareil!

    • Merci à toi ! j’ai du voir passer le hashtag sur certaines parisiennes en effet…leur compte IG est à 0 mais je vais regarder leur site….merci pour l’info !

  • Un mot : BRAVO ! Bravo pour ta démarche et ta volonté d’y voir plus clair, de transparence !
    Pas facile d’arrêter la fast fashion, c’est vraiment une détox à part entière.
    Vider sa penderie en surcharge pondérale, toxique, bref, les métaphores alimentaires ont du sens aussi avec les vêtements !
    C’est plus qu’un nettoyage de printemps dans ton article, c’est une vraie réfléxion sur l’origine de nos fringues, tu as vraiment fait l’effort de questionner tes étiquettes 😉 Je t’invite à aller voir du côté de la Fashion Revolution, c’est bientôt et ça te plaira !
    Je suis sans fast fashion depuis 6 ans, et je n’ai pas acheté de vêtement neuf depuis… 1 an ? Je ne saurais même pas dire la dernière fois : je suis au seconde-main et au cousu maison.
    Si tu as envie d’en savoir plus, j’en parle sur mon autre blog « My Happy Wardrobe » 😉
    À bientôt !

    • oui je t’avoue que le doc the True COST a été une vraie révélation qui ne m’a mise bien à l’aise. Même si le secteur dans lequel je travaille (la Lingerie) est un peu plus protégé du fait de la longueur des temps de production quand on est de vrais corsetiers-techniciens…je baigne tout de même dans une certaine culpabilité qui fait se poser certaines questions sur le sens de tout cela. Merci pour ton message et oui je connais la fashion révolution…super initiative !

    • Pense à prendre un peu plus de temps que prévu parce-qu’au final trier est bien plus lmong que ranger 😉
      Bon courage x

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