Le Bien

Bonheur et réseaux sociaux : sont-ils compatibles ?

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Je lis de plus en plus de choses concernant les réseaux sociaux et leur influence négative sur notre bonheur et sur notre bien-être. Depuis la polémique Facebook, la suspicion enfle de plus en plus : les réseaux sociaux sont le Mal en puissance et bonheur et réseaux sociaux sont incompatibles. C’est en étant de plus en plus souvent à l’étranger et en relatant mes pérégrinations sur Instagram que je me suis fait cette réflexion à moi-même sur la partie immergée de l’iceberg. On ne va pas lister tout ce que les réseaux sociaux ont apporté à notre société ces dix dernières années, la liste est longue. Mais je me demande toujours si le contenu dopé aux hormones Beauté et Good Life rend conscient de l’envers du décor ? A coups de positive thinking et de photos en mode papier glacé, celui qui « reçoit » ce contenu réalise-t-il vraiment que la vie réelle n’est pas un flux Instagram et que parfois, celui qui poste peut aussi avoir les genoux écorchés, des peines qui creusent le visage et une machine à étendre ?

Un enjeu sur le cerveau

Nombreuses études de psychologie ont été menées et ont prouvé que le temps passé sur les réseaux sociaux diminue la notion de bonheur. Le très célèbre Institut danois Happiness Research est un organisme spécialisé dans la mesure du Bonheur et il a également tenté de démontrer que les réseaux sociaux altèrent nos neurones.

Plusieurs chercheurs expliquent que le cerveau s’est conditionné à des interactions qui n’existaient pas auparavant. Aujourd’hui, il est stimulé automatiquement par la vibration de la notification et par le syndrome de la multitâche qui renforce majoritairement l’éparpillement et la non-concentration. Ces phénomènes touchent la même région du cerveau que celle des drogués qui en veulent toujours plus, noyés dans l’insatisfaction permanente. Région du leurre et du plaisir éphémère. Cercle vicieux, le schéma se reproduit à l’infini, encore et encore.

L’influence négative des réseaux sociaux et le pouvoir de l’image

Le cerveau est donc mis à contribution à coups de sms, de lumière bleue et de notifications aux sons mélodieux joués par les smartphones. Mais qu’en est-il de l’influence réelle des réseaux sociaux ? La notion de comparaison est insidieuse et même terrible. Inconsciemment, cette comparaison se met en place : comparaison de la beauté de la grid, de la beauté des amis, de la beauté des cheveux, de la beauté de votre tenue, de la beauté de votre déco… bref, beauté, beauté et encore beauté. 

La beauté est partout et la vie ne se résumerait qu’à une longue série de photographies de magazines. On sait tous que les séries mode du ELLE reflètent les tenues quotidiennes de France et de Navarre. N’est-ce-pas ?  Les mises en scène se succèdent et on dit Merci Instagram. Grâce à toi, la vie est devenue un magazine : Geo quand je pars en voyage, Ideat quand je refais mon salon, Vogue quand je vais chez les géants de la fast-fashion (où je ne vais plus !) et Elle à table quand j’invite du monde à la maison. 

Le pouvoir de l’image est toujours plus fort. En publicité, c’est ce que l’on vous apprend : l’image est reine, c’est elle qui marque le cerveau en premier, celle qui crée la perception forte. Sans entretenir un recul avec cette réalité, les likes deviennent une compensation perverse d’une mauvaise estime de soi. Comme si 1 like équivalait à 1 point de plus pour sa jauge personnelle. 

Facebook, encore lui, a reconnu fin 2017 que la sur-consommation de contenus pouvait avoir un effet néfaste sur le bien-être des gens. Agissant comme un démultiplicateur de découragement, la comparaison face à l’autre qui s’affiche sur son profil est difficilement évitable. 

Bonheur et réseaux sociaux : trouver le juste équilibre

Je dénonce ou plutôt je me questionne sur le bonheur et les réseaux sociaux car, moi aussi, je suis victime du phénomène. M’ayant réorientée il y a quelques temps vers le marketing digital, la surconsommation de tablettes et de toujours rendre tout plus beau pour les clients me donnent de plus en plus envie de contre-balancer la chose quand il s’agit de mes propres réseaux. Par exemple, je suis de moins en moins présente sur Facebook dont je trouve le charme des débuts entièrement mis aux oubliettes. Estampillée génération Erasmus, j’avais rejoint initialement le réseau pour garder contact avec mes amis d’ici et d’ailleurs. Je réalise que finalement je vois de moins en moins d’ici et d’ailleurs et de plus en plus d’infos low cost à la sauce « faits divers ».

Devrais-je être traitée d’intello pour autant ? Non, car je ne vais pas pour autant partir en croisade contre Big Brother.  C’est de trouver l’équilibre qui est un vrai challenge, je dirais même que c’est d’un intérêt majeur car, pour être honnête, j’ai peur qu’un jour l’overdose ne me guette. Pour de vrai. 

Bien consciente de l’utilité de la chose, il faut donc prendre le bon et laisser le mauvais. Histoire de vivre mieux, j’ai quasiment annulé la majorité des notifications, je refuse la plupart des missions de community management si elles n’ont pas un vrai sens et parce-que mon travail consiste à écrire la majeure partie du temps, mon téléphone est en mode silencieux. Et 2 fois sur 3 il y reste par omission.

A défaut, je me concentre sur le réseau social qui me parle le plus en tant que photographe amateure : Instagram. Un de mes nombreux rêves était d’être reporter pour Géo. Vous comprendrez aisément mon attachement à ce réseau social. Mais je me contente de ne publier que pour faire découvrir des choses dans ma thématique du Bien, du Bon et du Beau sans jamais tomber dans la moralisation. Il y a un sens à tout cela, en tout cas c’est celui qui me « drive » : que l’on aille chacun vers le Mieux en connaissance de cause. 

En y réfléchissant, ce n’est pas étonnant qu’Eckart Tolle ait fait un malheur avec son livre Le pouvoir du moment présent. Je suis persuadée que vous aussi vous avez remarqué la quantité faramineuse de gens qui regardent un événement (auquel ils sont présents) à travers l’écran de leur support. Pour cette même raison, je ne suis pas fan de l’instantanéité. Vouloir partager c’est merveilleux mais pour mener à bien cette expérience, il faut déjà savoir profiter. Heureusement, ça, je sais faire ! 

Parfois, je me demande comment était la vie avant tout ça. Avant ça, il y avait quoi ? Et bien, vous savez quoi ? Je ne m’en souviens quasiment plus. Absolument effarant… A défaut, j’essaye de cultiver un recul nécessaire pour continuer à dominer la machine et que cette tendance ne s’inverse pas. Ce n’est pas encore la solution parfaite mais c’est un bon début. Je considère que garder son libre-arbitre, c’est déjà être plus libre, non ? Et en général, liberté rime souvent avec Bonheur. 

 

PS : Je vous écris de Palerme, où cette photo a été prise en compagnie d'Elsa, une rencontre Instagram... Parce-que les réseaux sociaux, ça a aussi ce côté-là, les rencontres en VRAI et les nombreux conseils que je reçois pour que ma retraite sicilienne se passe à merveille. (coeur avec les doigts !)

 
Audrey
written by: Audrey

1 Comment

  • Je fus heureux de lire vos mots qui retrace avec précision ce que je pense depuis quelques années de nos vies modernes et de cette communication qui n’est quasiment plus humaine plus dans le contact est dans la réelle perception de l’autre dans la rencontre même.
    C’est pour cette raison que je me suis mis à développer la méditation et que je vais reprendre le yoga le ressourcement par l’activité physique et par le développement du calme intérieur me semble être une nécessité absolu dans notre société merci à vous.

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