mars 2018

Le Beau

Road-trip dans le Tamil Nadu

lavoir-femme-tamil-nadu
views
1067

Voilà un peu plus d’un mois que je suis rentrée d’Inde et plus précisément de mon road-trip dans le Tamil Nadu, région du Sud-Est aussi riche que vaste et belle.
 La nostalgie de me replonger dans le millier de photos prises ou bien l’envie de ne pas refermer ce chapitre ont fait qu’il m’a été difficile de raconter ce périple avant aujourd’hui. Incapable de finir ce post, je suis revenue plusieurs fois sur cet article pour enfin vous faire découvrir Pondichéry, Madurai, Chennai et le Chettinad.

J’avais initialement envisagé partir seule au Rajhastan et de toute façon il était clair dans ma tête que, d’une manière ou d’une autre, j’allais partir en Inde. Les coïncidences du destin agrémentées de quelques signes ici et là ont fait qu’en moins de 48h, nous avions acheté nos billets direction Chennai, capitale du Tamil Nadu, l’état des temples.
Je dis « nous », car je suis partie avec quelqu’une que je ne connaissais pas à moins d’un mois du départ. J’ai, comme toujours, suivi mon intuition qui affichait tous les signaux au vert et le périple à travers l’état de Madras était tout tracé.

Mahabalipuram

Nous sommes arrivées à Chennai (Madras) à 2H du matin après un vol de 11H sur Lufthansa. Une arrivée sous 32°C avec 300 panneaux nous faisant face et arborant tous les noms de la Terre sauf le nôtre. Nous avons finalement rejoint un hôtel près de l’aéroport, réservé à la hâte quelques jours plus tôt. Hôtel sur lequel je ne m’attarderai pas tellement il ressemblait à un condensé de l’Inde toute entière dans notre chambre. Chambre qui, sans fenêtre, donnait sur la rue d’à côté.
Surréaliste. Ayant survécu à cela à coup de grands fous rires, je savais déjà que ce voyage allait être rempli d’événements surréels.

composition-mahabalipuram-inde

 

Après 3H de taxi, nous sommes arrivés à Mahabalipuram et ce fut réellement mon premier contact avec le sous-continent. Cette ville, ou village pour l’Inde, était déjà connu au temps de l’Antiquité. C’est dire l’histoire qui se cache ici. Le lieu est parsemé de temples dédiés à Shiva, à Vishnou et à Krishna. Le monument le plus plébiscité est un bas-relief de 27m de long sur 9m de haut qui dépeint la descente du Gange et tous les symboles hindous que, malheureusement, on a eu bien du mal à comprendre. Cette fresque rocheuse se parcourt comme un long parchemin où l’on retrouve le chat yogi, Shiva ou encore des naginis. C’est à peu près tout ce dont je me souviens.

Après 3 jours passés à flâner et à buller entre la piscine de notre hôtel et les rues poussiéreuses de Mamallapuram, nous sommes partis en bus direction Pondichéry. Puducherry, la ville de tous les fantasmes. Les bus indiens ? Comment dire ? Ce fût une grande expérience… A vrai dire nous avons beaucoup ri dans ce convoi infernal, balayé fortement par les vents et surchargé de locaux. Et nous avons aussi fait rire beaucoup de monde et des jeunes filles qui, par pudeur, se cachaient parfois derrière un pan de tissu.

 

Pondichéry

Notre arrivée à Pondichéry fut également assez chaotique avec nos valises déjà trop lourdes, les 35°C ambiants et une horde de tuk-tuk qui s’amusaient de nos mines décontenancées.

Situé sur la côte de Coromandel, Pondichéry est incroyable. Je m’étais déjà imaginé la ville par mille fois et elle a répondu à toutes mes attentes. Elle était exactement comme je l’avais vue dans mon imagination. C’est un petit joyau. Un joyau qui mélange le meilleur de deux cultures et où l’air y est paisible. Se perdre dans les différents quartiers et dans les rues quadrillées à la française pour finalement voir apparaitre le Golfe du Bengale à peu près partout, c’est tout un programme. Un festival de couleurs ravissant pour les yeux et un régal pour l’appareil photo !  Petite ville de moins de 800 000 habitants, petite ville indienne à taille humaine et ancien comptoir français, on ne se sent ni oppressée ni déboussolée en déambulant par ci, par là. On a vraiment profité plusieurs jours de cette atmosphère, des nombreuses maisons coloniales qui abritent un paquet d’expatriés, de rencontres toutes plus agréables les unes que les autres, de belles boutiques chics et ethniques, des Coffee-shops où le raffinement est de mise, des merveilleux magasins d’antiquaires qui m’ont donné envie de tout ramener et des vendeurs de Chai à tous les coins de rue.

villa-helene-pondichery
Là-bas,  on a eu aussi eu la chance d’expérimenter la cuisine indienne en faisant notre marché et en cuisinant nous-mêmes. Et puis, on s’est transformé en spectatrices effarées face à une éclipse lunaire qui n’était visible que depuis cette partie de la planète et qui est un spectacle si rare qu’il ne se produit qu’une fois tous les quatre ans.
Et puis on a aussi visité, avec Michel, les orphelinats d’Alice et son mari qui donnent leur entière aux enfants des rues. On a été l’attraction locale pendant un long moment et j’ai pris un malin plaisir à me fondre avec les petites filles qui étaient en train d’apprendre à compter et qui ont dû me demander mon prénom au moins 118 fois en deux heures.


Pondichéry est une ville où l’on sent la présence de la Mer et rien qu’avec ça je me sens déjà bien. Le soir, on se promène sur la jetée pour finir la journée et on ralentit automatiquement le pas.
Pondichéry est un havre de paix et une ville d’inspiration pour nombre de stylistes, designers et autres personnalités qui viennent souvent ici comme me l’ont dit  des amis qui vivent sur place.  Pondichéry exerce sur beaucoup un attrait particulier. Inexplicable, mystique et cosmique. A l’indienne.

 

Le Chettinad

J’avais découvert la région du Chettinad à travers un merveilleux reportage d’Arte quelques jours avant Noël. Ni une ni deux, nous avions décidé de l’intégrer à notre programme et c’est en faisant quelques recherches sur le net que je suis tombée sur un article du Monde.  J’ai pris immédiatement contact avec Raja, le guide dont parlent les journalistes, et un matin à la fraiche, il nous attendait en bas de notre hôtel de Madurai. Après 2h de voiture, nous nous sommes retrouvées dans la région aux 3500 palais. Le Chettinad qui semble être de plus en plus une région dont on parle est surprenant. C’est un grand pan d’histoire abandonné et à ciel ouvert.

Le Chettinad est une région rurale dans les terres reculées du Tamil Nadu. C’était aussi, au siècle dernier, la région des Chettiars, riches commerçants appelés « les indiens juifs »et grands amateurs de savoir-faire du Monde. Chaque expédition commerciale et chaque négociation étaient une bonne raison de ramener un peu de beauté étrangère et d’orner leurs palais le plus majestueusement possible.

On compte plus de 1000 palais dans moins de 50 villages. Palais dont la majorité est abandonnée, preuve incontestable du déclin de leurs anciens propriétaires depuis l’Indépendance de l’Inde en 1947. Les familles restantes se « saignent », quand elles le peuvent, pour entretenir quelques m2 et essayer de relancer ce pan de l’histoire indienne.
Lors de notre périple, Raja, notre guide, a eu la très bonne idée de nous faire rencontrer Bernard Dragon et Michel Adment qui sont tombés follement amoureux de la région et qui, en créant une ONG, ont décidé de s’installer sur place pour tenter de rénover plusieurs maisons. Avant même d’arriver dans leur propriété, ces deux noms me disaient quelque chose…
En effet, je les avais vus dans le fameux reportage d’Arte et leur historie m’avait fortement donné envie de découvrir cette partie du Tamil Nadu. La boucle était bouclée.

 

Madurai

Les deux jours suivants nous les avons passés à Madurai, capitale culturelle du Tamil Nadu et deuxième ville la plus grande de l’état.
La ville était déjà connue du temps des Romains et les fresques sur les murs du Temple Mînâkshî sont là pour nous rappeler son histoire.

Après une balade dans le marché aux fleurs, nous avons visité cle temple. Malheureusement je n’ai pas de photo.
C’est dépouillée de tout effet personnel et de mes chaussures que j’ai déambulé pendant plus de 3 heures dans les couloirs de ce lieu de pèlerinage incontournable pour les hindous. J’ai aussi déambulé sans chaussures dans la ville, me brulant les pieds sur le goudron trop chaud, mais ça c’est une autre histoire.

Le temple attire plus de 15 000 pèlerins par jour. Au vue de l’importance du lieu, il était hors de question que nous visitions cet endroit sans guide. Nous avons eu la chance de pouvoir nous greffer à un petit groupe de retraités français avec un guide français qui vivait depuis plus de 30 ans à Pondichéry et qui connaissait l’histoire hindoue comme sa poche. C’était passionnant tant c’était riche et nouveau. Grâce à lui nous avons pu nous mêler aux pèlerins et pratiquer certains rituels avec eux.
Certains nous ont invité à manger avec eux et des femmes nous ont conviées à les rejoindre pour la cérémonie des bracelets pour la future maman de 8 mois qui trônait au milieu de tout un groupe. Il y a eu beaucoup d’échanges, beaucoup de sérénité, beaucoup d’énergies fortes avec des pendules qui s’affolaient et plein d’espoir lancé en l’air pour nous et pour les nôtres.

La religion hindoue est particulièrement déconcertante et intéressante car elle bouscule tous nos repères et notre rationalisme qui ne comprend que peu de choses. Choses pourtant avérées et confirmées mais jamais expliquées. Nous sommes repartis de là avec le sentiment d’avoir touché du bout du doigt quelque chose d’impalpable mais de très puissant. Un de mes amis les plus proches, qui est pasteur, appelle cela la Foi. Je crois bien que c’est un mot universel.

 

Chennai

Autant je suis tombée en amour pour Pondichéry pour toutes les raisons énumérées ci-dessus et pour beaucoup d’autres, autant j’ai tout aussi apprécié le coeur bouillonnant de Chennai, l’ancienne Madras. Sixième ville d’Inde, capitale du Tamil Nadu et deuxième plage la plus longue du monde avec Marina Beach qui s’étend du Nord au Sud, les plus de 8 millions d’habitants de la métropole peuvent se targuer d’appartenir à une cité riche. Plus grand port du Golfe du Bengale, grand centre industriel et informatique, plus grosse production de films de Bollywood (appelée par ailleurs Kollywood), manufactures en tout genre…bref, on voit tout de suite que la ville est riche. Même si on s’est retrouvé un jour dans les bidonvilles en bord de plage, nous avons senti que la ville est une cité florissante.

 

 

Notre parcours dans Chennai a été de se balader en tuk-tuk d’un point A, à un point B, à un point C…etc…La « photographe » que je suis a été très frustrée de ne pas pouvoir marcher quand je le voulais pour capter des moments sur le vif. J’allais devoir me contenter des nos nombreuses allées et venues dans les tuk-tuk locaux. Il en est ainsi dans les villes d’Inde.
Et de toute façon j’aurais été bien incapable de traverser la rue. Les seules fois où nous nous y sommes aventurées c’est au bras d’habitants qui avaient bien plus l’habitude que nous de se lancer les yeux fermés dans un flot continu de voitures, de tuk-tuk et de motos sans même avoir à prier pour ne pas mourir tout de suite.
C’est le coeur lourd que j’ai définitivement rangé mon appareil photo pour me concentrer sur l’activité principale qui nous amenait aussi dans la capitale : le shopping. Avec une liste à peu près longue comme mes deux bras, je n’ai pas été déçue…même si j’avais déjà bien avancé ma besogne à Pondichéry.
Chennai ce fut aussi la découverte des clubs indiens où je me suis bien amusée, le cinéma pour voir un génialissime Bollywood de 3H, les roof-tops sublimes et le palace 5 étoiles le Leela, référence ultime en matière de luxe avec un petit-déjeuner 12 étoiles.

Chaque voyage en Inde est une histoire bien personnelle, une histoire de ressenti, de l’envie de partir jusqu’à la façon dont on vit le voyage et cela, plus que dans n’importe quel autre pays. Il se passe indéniablement un quelque chose imperceptible et difficilement explicable et cela, que l’on soit sensible ou non à la culture indienne.

Il se trouve que l’Inde a été exactement comme je l’avais imagineé. Surréelle, mystique, fascinante et cosmique. Et en me rendant à l’aéroport de Chennai, le dernier soir, j’étais convaincue que ce n’était qu’un Au Revoir au Tamil Nadu.

Les Joyeux

Julie de Banana Pancakes – Les Joyeux #3

couverture-les-joyeux-banana-pancakes
views
1171

Voilà ! Je suis enfin revenue sur la planète Terre depuis mon retour d’Inde il y a maintenant 3 semaines, voyage dont je vous parlerai très prochainement. Je suis donc en mesure de publier l’opus numéro 3 du webzine Les Joyeux et c’est justement de Terre et d’engagement responsable dont on va parler.
Je suis ravie de vous présenter Julie du blog Banana Pancakes, une rigolote engagée que j’ai découverte grâce à la magie d’Instagram.
L’entretien qui devait durer au préalable 45 minutes s’est transformé en call de plus de 2h tellement nous tommes partis dans tous les sens avec beaucoup d’autres sujets abordés.
Pourtant c’est bien la vulgarisation de l’écologie qui importe Julie pour que chacun apporte une toute petite pierre à l’édifice qui permette de construire de grands ponts vers des solutions générales.

Julie est drôle, futée et joyeuse, parce-que « même l’écologie ça rend joyeux », comme elle dit. Et ce n’est pas les innombrables grimaces qu’elle fait sur son compte IG qui diront le contraire. Tous ces live et ces questions au quotidien sont de vrais bons moments de légèreté (qui me souvent beaucoup rire) malgré l’ampleur du sujet. Je vous propose de découvrir illico l’entretien de Julie…

Si Les Joyeux vous inspirent,vous pouvez aussi retrouver les deux premières éditions :

Ali di Firenze dans l’opus 1

– Sophie Trem de The other art of Living dans la seconde édition.

xx

page-2-les-joyeux-banana-pancakes
Julie-banana-pancakes
page-4-les-joyeux-julie-banana-pancakes
page-5-les-joyeux-julie-banana-pancakes
portrait-chinois-julie-banana-pancakes

Pour info, si vous aussi vous voulez, vous aussi, être un(e) sauveur(se) de tortues, je vous conseille de visiter le site de WWF


Edit du 24/05/18 : Si les interviews de personnes joyeuses t’inspirent, tu peux dès à présent retrouver :